© Emmanuelle Potier, 2019

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Texte

Tout a commencé comme un jeu : tous les jours, lors du trajet vers l'atelier, allumer la radio et s'inspirer de la première nouvelle que l'on entend pour en faire une petite peinture. En somme se définir une contrainte qui appelle et accompagne le processus créatif et s'atteler, disciplinée, à la suivre. Mais insidieusement, lentement s'est révélé le visage véritable derrière ce jeu : de jeu il n'y en a point. Le cœur du véhicule médiatique c'est l'émotion négative, négative parce que subie en toute impuissance, constater et que faire, peindre ? "365 jours" se présente sous la forme d'un ensemble de 365 peintures qui forment un panorama pictural sur une année.
Et puis, la manière change, subtilement, l'esprit se veut plus léger.
Engoncés dans leurs tenues blanches immaculées qui les font ressembler à des fantômes d'opérette, des personnages s'animent et s'occupent à des taches absorbantes, entourés de lumières chatoyantes. Un îlot s'éloigne à la dérive. Une lumière de cierges s'élève. Des gants caoutchouteux tendent leurs doigts vers ailleurs.
Sur papier, des corps chutent tandis que d'autres s'envolent, corps d'huile et de poudre de graphite, velouté de la touche aussi pour ces dessins inspirés de "Psyché ranimée par le baiser de l'Amour" de Canova qui jusque dans leurs matières évoquent une tendresse toute minérale.
Dans la mythologie de l'Inde antique, il est dit que la réalité est cachée derrière un voile d'illusion, le voile de Māyā et que le percer est éveil.
Un ensemble de peintures et de dessins de formats variables forment une piste vers cet Au delà.

Texte de l'exposition Au delà, David Bouchacourt, 2016