© Emmanuelle Potier, 2019

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Galerie des Jours de Lune, Metz, 2014

Crashs d’avions, embrasements, inondations : ce sont les images caractéristiques des catastrophes naturelles ou accidentelles. Emmanuelle Potier traite de ces motifs. Elle réalise des séries dont elle exploite, comme dans les Crashs, les diverses potentialités. Sa peinture est à l’image des bombardement d’images et garde la trace du trauma de la répétition (les images instables se déforment dans notre mémoire). On se réfèrera volontiers à l’Image-temps et à l’Image-mouvement de Gilles Deleuze. Une relation inédite s’établit entre l’immédiateté du réel (le crash d’un avion) et certaines déclinaisons mentales proches de l’abstraction. La peinture d’Emmanuelle Potier joue — et se joue — de la permanence et de l’impermanence : flexion du temps, déclinaison de la réminiscence. Les Cierges ouvrent, par des images insaisissables, à la notion d’un temps qui s’échappe et reflue. La bougie symbolise la purification, la renaissance autant que la commémoration ou l’offrande. Cette série peut être vue comme un hommage au traitement de la lumière dans l’histoire de la peinture (Georges de La Tour, Le Caravage, Turner), mais aussi, par extension, à une certaine forme de sagesse. Héraclite suggérait : « On ne se baigne jamais deux fois dans le même fleuve ». 

 

Texte de Valery Poulet (2014)