© Emmanuelle Potier, 2019

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Interstices des Bords - Bords des Interstices

Galerie NaMiMa, ENSAD Nancy, 2018

Co-commissariat avec Cristina Escobar

 

Comment exister et être au monde, réaffirmer sa place à travers l’art ?

C’est en substance à cette question que nous tentons de répondre en présentant cette nouvelle génération d’artistes. Récemment diplômés, ils s’affirment et proclament la volonté d’une prise de parole. Leurs propositions : des pièces simples, sans artifice, plus proches de l’individu, de leurs réalités, de leurs vérités, d’un certain engagement. Ils dépassent les limites d'un terrain de confort collectif pour dévoiler ce qui persiste à rester dans l’ombre.

Ils n’ont pas peur de s’impliquer ou de se confronter au monde. Ils ne se contentent plus de répondre à la société mais brûlent d’interagir avec elle. Alors, ils déchirent les parois de ses reflets illusoires et de ses frontières  invisibles. Las de l'art pour l'art, des œuvres présentées dans des écrins d’argent et des musées ; ces jeunes artistes vont au charbon. C’est dans la rue qu’ils trouvent leur inspiration.

 En inventant un nouveau lien entre l’art et leur époque, ils disent ce qui doit être dit, crié ou murmuré. En conscience, ils investissent l’espace d’exposition et lui offrent le statut de lieu idéal, pourtant si ouvert sur l’extérieur. Ici, les frontières n’existent pas, surtout pas, mais tout est lié. Les artistes rendent l’espace vivant et le transforment en terrain de frictions et d’enjeux, au moyen de petites révolutions. Ils y croient, le poing serré et le regard ferme, pour qu’au détour d’un coin de rue, bénéficiant du battement des ailes d’un papillon, ils puissent, si ce n’est changer le monde, au moins, changer leur monde.

Cristina Escobar et Emmanuelle Potier